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Les cloches sonnent le réveil pour la justice climatique

Les cloches sonnent le réveil pour la justice climatique

L'évêque du Groenland Sofie Petersen dit une prière lors de la célébration œcuménique pour la justice climatique à la cathédrale de Copenhague. La pierre de glacier qu'elle tient dans la main a été mise à nu par le recul de l'inlandsis.

01 janvier 2001

En faisant retentir leurs cloches tout autour du monde, les églises ont envoyé un message fort aux dirigeants mondiaux réunis au sommet de l'ONU sur le climat à Copenhague: il n'y a qu'une seule terre et afin de la préserver, des mesures ambitieuses doivent être prises dès maintenant.

"Nous n'avons qu'une seule terre, cette terre, et si nous la détruisons, il ne nous reste plus rien", a déclaré l'archevêque Desmond Tutu lors d'une conférence de presse qui s'est déroulée après une célébration œcuménique pour la justice climatique organisée le 13 décembre à la cathédrale de Copenhague.

L'archevêque Tutu a résumé de la sorte le message des Eglises aux négociateurs et politiciens participant au sommet de l'ONU: "Par égard pour vos enfants, vos petits-enfants, prenez soin de cette seule terre que nous avons […] Faisons en sorte d'obtenir un accord opposable et pas seulement un accord politique."

Un tel accord supposerait que les pays développés s'engagent à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 40% d'ici 2010 et de 80% d'ici 2050 par rapport à leurs émissions de 1990. Ils devraient aussi contribuer à hauteur de 150 milliards de dollars EU par an pour aider les pays en développement à réduire leurs propres émissions de CO2 et à s'adapter aux conséquences des changements climatiques.

La célébration œcuménique, à laquelle assistaient la reine Margrethe II de Danemark, des membres du gouvernement danois, des participants au sommet de l'ONU et une multitude de responsables religieux, s'est déroulée sous les auspices du Conseil national des Eglises du Danemark, en collaboration avec DanChurchAid et le Conseil œcuménique des Eglises (COE).

Dans sa prédication, l'archevêque de Cantorbéry Rowan Williams a désigné la peur comme source de toutes les excuses pour éviter de prendre les décisions difficiles et coûteuses qu'exige la crise des changements climatiques - "des décisions qui impliquent un véritable changement".

"Nous nous rencontrons en tant que personnes de conviction dans le contexte de ce moment critique dans l'histoire de l'humanité, [pour dire de] ne pas avoir peur", a déclaré l'archevêque Williams. "L'amour dissipe la peur", mais il aide aussi à prendre "les bonnes décisions pour l'avenir de notre planète".

Afin de veiller à ce que la terre soit un foyer accueillant pour les futures générations, certaines questions doivent être posées dès aujourd'hui, a affirmé l'archevêque de Cantorbéry, notamment "Comment établir une relation saine et durable avec ce monde?" et "Quelle forme doivent prendre les institutions internationales pour faire en sorte que les ressources parviennent là où elles sont nécessaires?"

Les cloches sonnent le réveil

A l'issue de la célébration, le doyen de la cathédrale, Anders Gadegaard, a demandé de commencer à sonner les cloches. A ce moment, à 15h00, à travers le Danemark, la Scandinavie et le fuseau horaire de l'Europe centrale, des milliers de cloches d'églises ont retenti 350 fois pour symboliser les 350 parties par million qui, selon une grande partie de la communauté scientifique, constituent la limite maximale de CO2 acceptable dans l'atmosphère.

Dans le monde entier, les églises ont constitué une chaîne autour de la planète en priant et en sonnant les cloches pour la justice climatique. Débutant à Fidji, dans le Pacifique sud, les cloches ont retenti à travers les fuseaux horaires de la planète jusqu'à Copenhague, puis au Groenland, et a continué tout autour du monde pour revenir au Pacifique.

Lors de la conférence de presse à Copenhague, des responsables d'Eglise du Pacifique et du Groenland se sont exprimés sur les conséquences des changements climatiques qui se manifestent dans leurs régions.

L'évêque du Groenland Sofie Petersen, de l'Eglise évangélique luthérienne du Danemark, a évoqué l'impact des changements climatiques sur la vie des pêcheurs et des chasseurs. "A cause du manque de glace sur la mer, les chasseurs ne peuvent pas exercer leur activité comme jadis, ce qui fait que les gens n'arrivent pas à obtenir de quoi manger", a-t-elle affirmé.

Le président de l'Eglise chrétienne congrégationaliste de Tuvalu, le pasteur Tofiga Falani, a expliqué que son pays, un archipel polynésien constitué de huit atolls coralliens, ne dépasse pas les 1,2 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il a imploré les pays riches de prendre conscience des conséquences que leur développement fait subir à des milliers de personnes vivant sur ces atolls peu élevés. "Nous voulons survivre!" a déclaré le pasteur Falani.

Un demi-million de personnes pour la justice climatique

Le même jour, Desmond Tutu avait remis à Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, un chronomètre représentant plus d'un demi-million de signatures faites en faveur de la justice climatique.

Les conséquences des changements climatiques sont essentiellement ressenties "par ceux qui ne les ont pas causés, les pauvres et les vulnérables", a déclaré l'archevêque Tutu, devant une foule rassemblée sur la place de l'hôtel de ville de Copenhague. C'est là "l'injustice des changements climatiques": les pays pauvres sont ceux "qui doivent payer pour quelque chose qu'ils n'ont pas causé".

Les signatures ont été collectées dans plus d'une vingtaine de pays par la campagne Countdown to Copenhagen (Compte à rebours avant Copenhague), qui regroupe des organisations œcuméniques de développement et d'aide humanitaire.

Les 512 894 signataires se sont engagés à réduire leur contribution personnelle aux émissions de CO2 en recyclant leurs déchets, en réutilisant leurs biens et en réduisant leur consommation, et à faire pression sur les dirigeants politiques pour obtenir un accord sur les changements climatiques qui soit juste pour les pays pauvres.

En recevant le chronomètre de la campagne, Yvo de Boer a déclaré qu'en dépit des préoccupations des dirigeants planétaires au sujet des crises financière, économique et industrielle, "c'est une crise morale qui se dresse sur le chemin de la lutte contre une crise environnementale".

"Faisons entendre nos voix", a conclu Yvo de Boer, "parce que Copenhague est notre seule chance de rectifier le tir".

Enregistrements audio (en anglais)

Galerie de photos

Vidéo de la célébration œcuménique du 13 décembre (télévision danoise)

Activités du COE en faveur de la justice climatique

Allocution du pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, lors d'un dîner à Copenhague (en anglais)