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Les Eglises brésiliennes critiquent la privatisation des ressources d'eau

01 janvier 2001

Ecumenical News International
NOUVELLES OECUMENIQUES INTERNATIONALES
Service de nouvelles
04 février 2009

ENI-09-0045\F

Belém, Brésil, le 4 février (ENI\Stephen Brown) - Les Eglises du Brésil ont soutenu une disposition de la nouvelle Constitution bolivienne qui qualifie l'eau de "droit fondamental de la personne" qui ne saurait appartenir à des entreprises privées, et elles affirment que les autres pays devraient suivre cet exemple.

"Nous appelons tous les pays du monde à incorporer aussi dans leur législation le droit à l'eau en tant que droit universel et bien public", ont indiqué la Conférence nationale des évêques (catholiques romains) du Brésil et le Conseil national des Eglises chrétiennes du Brésil.

Les deux organisations d'Eglise ont lancé leur appel dans un communiqué commun publié durant le Forum social mondial (FSM), un rassemblement international s'opposant à la mondialisation de l'exploitation, qui s'est tenu à Belém, au nord-est du Brésil, du 27 janvier au 1er février.

Le communiqué a été élaboré au Forum oecuménique sur l'eau de Belém le 26 janvier, un jour après que le peuple bolivien eut approuvé par référendum - à près de 60 % des suffrages - la nouvelle Constitution. Cette Constitution vise à donner à la majorité autochtone du pays davantage de pouvoir et permet au gouvernement un meilleur contrôle des ressources naturelles, y compris de l'eau.

Figurant parmi les présidents latino-américains présents à Belém pendant le FSM, le président bolivien Evo Morales a loué la Constitution, qui, a-t-il affirmé, établit que les services de base tels que l'eau, la santé et l'éducation sont des droits de la personne qui ne pourront jamais être privatisés.

Au Forum oecuménique de l'eau, le sénateur bolivien Abraham Cuellar Araujo a parlé de l'expérience du Ministère de l'eau, créé par le président Morales suite à l'expulsion des entreprises qui souhaitaient privatiser l'eau, a indiqué la Conférence nationale des évêques du Brésil dans un communiqué.

"Le ministère travaille de concert avec les mouvements sociaux pour mettre en oeuvre des politiques publiques pour le bénéfice de tous", a-t-il déclaré, selon le communiqué.

"L'Eglise doit relayer la lutte en faveur de l'eau", a déclaré Aasa Elfström, représentante du Réseau oecuménique de l'eau, organisation mondiale d'agences et de mouvements chrétiens.

Participaient aussi au Forum des représentants des Eglises protestantes et catholique de Suisse, avec lesquelles les deux organisations d'Eglise brésiliennes ont signé une déclaration en 2005 sur l'eau "comme droit de l'homme et bien public".

Cette déclaration traduisait les préoccupations relatives aux activités d'embouteillage de l'eau au Brésil pour la société suisse Nestlé. L'abbé Félix Gmür, secrétaire général de la Conférence des évêques (catholiques) suisses, a déclaré au Forum sur l'eau de Belém : "Nestlé a un pouvoir énorme sur l'eau. Les multinationales cherchent à rassurer l'opinion publique en affirmant que comme l'Etat ne dispose pas de mécanisme juridiques pour garantir ce droit à l'eau, elles assument cette obligation." Il a ajouté : "La Conférence des évêques suisses dit non. Ce bien appartient à tout le monde." (484 mots)

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