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Rio+20: Quelques «pépites» pour aller de l'avant malgré la déception

Rio+20: Quelques «pépites» pour aller de l'avant malgré la déception

Manifestation du «Sommet des peuples» à Rio de Janeiro.

26 juillet 2012

De nombreux représentants et représentantes des Églises et de la société civile ont fait part de leur déception face au manque de vision et d'ambition des conclusions du sommet de Rio+20, qui s'est tenu à Rio de Janeiro (Brésil) en juin. Parmi ces conclusions, pourtant, l'affirmation du droit fondamental à l'eau et à l'assainissement est l'un des aspects sur lesquels les futurs travaux du mouvement œcuménique en faveur du développement durable et de l'éco-justice peut prendre appui.

«Le document final de Rio+20 ne reflète pas l'urgence des menaces qui pèsent sur la vie sur terre dont fait état la communauté scientifique», a déclaré Guillermo Kerber, responsable du programme du COE pour le souci de la création et la justice climatique à l'issue du sommet de Rio.

«La communauté internationale, incapable de parvenir à un consensus, a opté pour le plus petit dénominateur commun, en évitant les questions controversées. Le résultat, c'est que la terre est l'une des grande perdante, à l'instar des personnes pauvres et vulnérables», a ajouté Guillermo Kerber, expliquant pourquoi les acteurs religieux ont, dans leur grande majorité, refusé d'accepter le document final de Rio+20 comme un instrument de changement efficace.

Cependant, s'ils se sentent concernés par le sentiment général de déception face au manque de vision et d'ambition des conclusions de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, les partenaires œcuméniques s'accordent à dire qu'on peut trouver parmi les résultats du sommet des points positifs qui pourraient être utiles dans les travaux futurs en faveur du développement durable.

L'un de ces points, qui a fait l'objet de nombreux débats, est l'intégration non seulement du droit fondamental à l'eau et à l'assainissement que défend le Réseau œcuménique de l'eau, mais aussi d'autres principes des droits humains.

«Les droits de la personne étaient totalement absents des conclusions de la première conférence de Rio, en 1992», rappelle Peter Prove, directeur exécutif de l'Alliance œcuménique «agir ensemble» (EAA). «Mais cette fois, le texte inclut énormément de références aux droits et évoque les droits à l'alimentation, à la santé – y compris la santé sexuelle et génésique – à l'eau et à l'assainissement, ainsi qu'à la sécurité sociale, le droit du travail et le droit au développement.»

«Les conclusions sur les questions d'alimentation et d'agriculture se sont, dans l'ensemble, révélées meilleures qu'on ne l'avait craint», a indiqué quant à elle Christine Campeau, coordinatrice de la Campagne pour l'alimentation de l'EAA. Elle explique que «les engagements explicites concernant les petits paysans, les systèmes traditionnels de gestion des semences, l'autonomisation des femmes en milieu rural, la volatilité des prix alimentaires, l'intensification des investissements dans l'agriculture durable et la réduction des pertes après récolte et du gaspillage de nourriture, ainsi que l'affirmation du droit fondamental à l'alimentation et le rôle du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, tout cela nous procure une bonne base de travail.»

«Loin d'être la source d'inspiration et d'influence que nous prônions et espérions, Rio+20 nous a laissé quelques "pépites" qu'on peut trouver en passant au crible les résultats du sommet», convient Isaiah Kipyegon, de l'Alliance ACT. «La mise en place d'un processus visant à élaborer des objectifs de développement durable en remplacement des objectifs du Millénaire pour le développement après 2015, ainsi que la présentation volontaire de rapports de durabilité par les entreprises, constituent pour le mouvement œcuménique des occasions en or de s'investir.»

«Il y a des processus solides, des décisions fermes – pas forcément des sources d'inspiration, mais elles sont fermes – qui ont été prises à Rio et à partir desquelles nous allons nous efforcer d'aller de l'avant», confirme Alison Doig, conseillère en chef de Christian Aid pour les questions de développement durable. Elle cite en exemple la décision du gouvernement britannique d'obliger les grandes entreprises à publier leur bilan carbone.

Au-delà de ce qui se passait au niveau intergouvernemental, beaucoup de participants se sont sentis encouragés et stimulés par le dynamisme des initiatives de la société civile mises en lumière au Sommet des peuples, qui se déroulait en marge de la Conférence des Nations Unies.

«Après ces journées de lutte aux côtés de gens extraordinaires, je suis une autre personne», affirme Bia Pitrofski, une participante du projet pédagogique «Criatitude», mis en place au niveau national afin d'encourager les chrétiens luthériens, entre autres, à adopter des «attitudes créatives» pour promouvoir le développement durable et l'éco-justice. «J'ai l'espoir d'un monde meilleur, un monde nouveau, et d'une vie harmonieuse en tant que société et en tant que création. Je vois qu'il existe une jeune génération d'acteurs et nous en sommes un exemple.»

Pour plus d'informations:

Surmonter la frustration de Rio+20 par l’engagement religieux et la communauté (Reportage du COE, 28 juin 2012)

La déception de Rio+20 motive des jeunes à promouvoir l'éco-justice au niveau local (Reportage du COE, 18 juillet 2012)

“Rio+20: Justice and peace” (YouTube, en anglais)

Rio+20: les réactions suite au sommet (Christian Aid sur YouTube, en anglais)

L'avenir que nous voulons: Document final adopté à Rio+20